Une personne convertie doit-elle faire la bénédiction "shé lo 'assani goy(a)" ?

Chaque matin,nous commençons la journée par une série de bénédictions adressant des louangesà Hachem, tout en indiquant notre reconnaissance pour ce qu’il nous offre. L’une d’elles exprime la reconnaissance d’être né en tantque juif. La formulation est la suivante : «Béni es-Tu Dieu qui ne m’a pas créé non-juif».
Cette bénédiction, loin de constituer une quelconque discrimination envers les non-juifs, met l’accent sur le nombre de commandements à appliquer. Le juif remercie Dieu de ne pas l’avoir fait naître en étant « simplement » soumis aux lois de Noa’h, mais en étant soumis à toutes les mitsvote de laTorah. Le remerciement ne concerne donc pas un supposé privilège, mais la responsabilité créée par les obligations spécifiques incombant aux juifs.
Les décisionnaires sont en discussion à propos de la question suivante : une personne convertie doit-elle également réciter cette bénédiction ? D'un côté, la formulation sonne fausse, car le converti est né non-juif. Dès lors, comment pourrait-il affirmer chaque matin qu'il n'a pas été "créé non-juif" ? D'un autre côté, "un converti est comme un enfant qui vient de naître" (Yébamote 22a). Dès lors, pourquoi ne pas concevoir que sa "création" remonte à sa sortie du mikvé ,précisémment en tant que juif ?

On retrouve plusieurs opinions dans la Halakha (cf. Baer Etev, Ora'h'Haïm 46, 7 et Yalkoute Yossef, Hilkhote BirkoteHaSha’har 46, 21):
  • Certains préconisent de dire plutôt "Béni es-Tu Hachem qui m'a fait converti"  ou "Béni es-Tu Hachem qui m'a fait rentrer sous les ailes de la présence divine"
  • Certains préconisent de ne pas la dire du tout.
  • Certains préconisent de la dire, mais sans prononcer le Nom d'Hachem  dans la bénédiction.
  • D'autres enseignent de la dire normalement.
       
        Il nous semble que c'est ce dernier avis qui doit être suivi en pratique,  et que la personne convertie doit donc réciter la bénédiction "shé  lo 'assani goy(a)" comme tout juif(ve). La démonstration  menant à cette conclusion est exposée dans l'article suivant :
    https://www.gueroute.fr/articles/une-personne-convertie-doit-elle-reciter-la-benediction-she-lo-assani-goy-a
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Chalom

A propos du Rav

De formation universitaire (titulaire d’un doctorat en Droit), Rav Yona GHERTMAN s’est tourné vers des études de Kodech, à la Yechiva, puis au Collel de Nice (CEJ), où il étudie encore aujourd’hui. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages sur le judaïsme, dans lesquels il puise parmi les sources traditionnelles, qu’il présente d’une manière structurée et pédagogique au public francophone. 

Aujourd’hui marié et père de quatre enfants, il partage son temps entre l’étude, l’enseignement de la Torah, et le rabbinat, où il s’occupe notamment des conversions au judaïsme. 

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