Pourquoi les Rabbins insistent-ils tant pour savoir si les candidates en conversion ont un petit-ami ?

Cette insistance n’a rien d’une curiosité sur la vie privée. Elle repose sur une idée simple : la conversion doit se faire pour la Torah elle-même, et dans la transparence.

1. La motivation. On se convertit pour recevoir la Torah et respecter ses lois (mitsvote), et non uniquement par amour pour une personne (Shoul’han ‘Aroukh, Yoré Dé’a 268, 12). Le Beth-Din (tribunal rabbinique) doit donc connaître la situation pour évaluer la sincérité de la démarche. Et si le petit-ami est juif, il doit s’assurer qu’il s’engage lui-même dans un vrai chemin de techouva : c’est avec lui que la candidate construira son foyer et l’éducation de ses enfants.

2. La confiance de la communauté. Une relation annoncée dès le départ peut être examinée par le Beth-Din en connaissance de cause. Le cas problématique est différent : la candidate suit sa conversion comme une personne seule (soit parce que le couple s’est séparé avant ou pendant la conversion, soit parce que le petit-ami est resté caché), puis son ancien petit-ami juif réapparaît une fois la conversion terminée pour demander sa main. Dans ce cas, la halakha interdit à ce juif de l’épouser à priori, tout en laissant valable le mariage s’il a lieu (Shoul’han ‘Aroukh, Even ha’Ezer 11, 5). Ce n’est pas parce que la conversion serait mise en doute, mais parce que ce mariage donnerait l’impression que le couple est resté ensemble en secret pendant la conversion, et qu’il a trompé le Beth-Din et la communauté, qui a accueilli la candidate comme une personne seule et sincère (cf. Rachi et Ritva, Yébamote 24b).

Concrètement, le meilleur conseil est de tout dire au rabbin dès le début, sans crainte d’être jugé(e). Une situation connue peut être étudiée avec bienveillance ; une situation cachée peut fermer des portes par la suite.

Pour approfondir, lire l’article : « Le juif peut-il se marier avec son ancienne petite amie non juive qui s’est convertie ? »

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A propos du Rav

De formation universitaire (titulaire d’un doctorat en Droit), Rav Yona GHERTMAN s’est tourné vers des études de Kodech, à la Yechiva, puis au Collel de Nice (CEJ), où il étudie encore aujourd’hui. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages sur le judaïsme, dans lesquels il puise parmi les sources traditionnelles, qu’il présente d’une manière structurée et pédagogique au public francophone. 

Aujourd’hui marié et père de quatre enfants, il partage son temps entre l’étude, l’enseignement de la Torah, et le rabbinat, où il s’occupe notamment des conversions au judaïsme. 

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